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Les pirates informatiques comprennent intuitivement une chose que beaucoup d’utilisateurs d’ordinateurs ne comprennent pas : la propriété n’est pas une question de possession, mais de contrôle. Si votre entreprise vous donne un ordinateur, ou même si vous apportez le vôtre, mais qu’elle contrôle à distance la façon dont vous l’utilisez et peut passer outre à vos souhaits, c’est l’ordinateur de l’entreprise, pas le vôtre. Selon cette définition, la plupart des téléphones, aujourd’hui, sont la propriété du vendeur, et non de l’utilisateur.
L’un des plus beaux tours que Big Tech ait jamais joué a été de convaincre les gens que les téléphones ne sont pas des ordinateurs à usage général et qu’ils devraient suivre des règles différentes de celles des ordinateurs portables ou de bureau. Ces règles donnent commodément au vendeur un plus grand contrôle, de sorte que vous ne possédez pas un smartphone mais que vous le louez. Maintenant que le public a accepté ces nouvelles règles pour les téléphones, les vendeurs commencent à appliquer les mêmes règles aux ordinateurs portables et aux ordinateurs de bureau.
Ce qui signifie que l’entreprise Apple non seulement connaît toutes les applications que vous avez installées, mais elle est informée aussi à chaque fois que vous les exécutez.
EDIT : Apple fait marche arrière suite à la levée de bouclier (mais jusqu'à quand ?)
To further protect privacy, we have stopped logging IP addresses associated with Developer ID certificate checks, and we will ensure that any collected IP addresses are removed from logs.
In addition, over the the next year we will introduce several changes to our security checks:
A new encrypted protocol for Developer ID certificate revocation checks
Strong protections against server failure
A new preference for users to opt out of these security protections
Excellent article !
Morceaux choisis, mais il y en a beaucoup beaucoup !
Au commencement, il s’agit juste de vendre.
Puis il s’agit de manipuler pour vendre. De manipuler en masse, pour vendre en masse. De contrôler des masses. C’est une histoire qui commence au XIXème siècle, peut-être même avant.
Puis on réalise qu’il faut connaître pour manipuler. Alors on entreprend de mieux connaître pour mieux manipuler et mieux prédire. C’est une bonne partie de l’histoire du XXème siècle, avec Edward Bernays en vedette américaine.
Puis on en arrive à surveiller. Les merveilleuses « nouvelles technologies de l’information et de la communication » qui émergent dans les idéalistes années 1990s en donnent la possibilité technique. Surveiller tout. Tout le temps. Surveiller tout en espérant ainsi pouvoir tout prédire. C’est l’histoire des premières années du XXIème siècle, dont l’épilogue a été écrit par Edward Snowden en 2013.
Et puis on se met à transformer. Plus que juste surveiller, on réalise qu’il est très possible et très avantageux de transformer. Plus que juste manipuler, on réalise qu’on peut rendre manipulable, qu’on a désormais des moyens pour rendre encore plus facilement manipulable. Pour rendre prédictible, complètement prédictible. Cette histoire-là commence quelque part dans la première décennie du XXIème siècle. Je pense qu’elle est encore en train de s’écrire.Niché dans un bâtiment anonyme du campus de Stanford à Palo Alto, en Californie, se trouve le « Stanford Persuasive Technology Lab », fondé en 1998. Le créateur de ce laboratoire, le Dr B.J. Fogg, est un psychologue et le père de la « technologie persuasive », une discipline au sein de laquelle des machines et des applications numériques – incluant smartphones, réseaux sociaux et jeux vidéos – sont configurés pour altérer les pensées et les comportements humains. Comme le proclame vigoureusement le site Web du laboratoire : « Des machines conçues pour changer des humains. »
La technologie persuasive (également appelée conception persuasive) consiste à créer délibérément des environnements numériques donnant l’impression aux utilisateurs qu’ils satisfont leurs besoins humains basiques — faire partie d’un groupe sociale, ou trouver des buts – mieux que ne le font des alternatives du monde réel. Des gamins passent des heures infinies sur les réseaux sociaux et les jeux vidéos à la poursuite de « likes », d’ « amis », de points et de niveaux – parce que c’est stimulant, ils croient que cela apporte bonheur et succès, et ils trouvent cela plus facile que les activités de l’enfance, difficiles mais importantes pour leur développement.
Dans un de ses travaux académiques, décrivant comment sa formule est efficace pour pousser des gens à utiliser un réseau social, le psychologue explique qu’une motivation clef est le désir des utilisateurs d’ « acceptation sociale », même s’il dit qu’une motivation encore plus puissante est le désir « d’éviter d’être socialement rejeté ».
Les réseaux sociaux et les jeux vidéos utilisent la technique de manipulation du cerveau, très fiable, de la récompense variable (pensez à une machine à sous à Las Vegas). Les utilisateurs ne savent jamais quand ils obtiendront leur prochain « j’aime » ou leur prochaine récompense dans le jeu, et elle leur arrive à un moment idéal pour susciter une stimulation maximale et les garder sur le site. Une énorme puissance de calcul est mise en œuvre pour les AI « apprennent » quels éléments de conception persuasive sont les plus efficaces pour garder les utilisateurs captifs.
Le joli futur : des capteurs de concentration sur les élèves, parmi d'autres joyeusetés...
L'avenir chinois... mondial ?
Tous les liens ne sont pas forcément les bons dans l'article, prudence, comme toujours, mais il semble que le fond soit malheureusement vrai...
Encore une histoire telle que l'on peut en lire chaque mois... Un seau d'arguments de plus sur le tas du "je n'ai rien à cacher".
Voilà une jolie réponse à l'adoption de l'article 13 (devenu 20 je crois) de la loi de programmation militaire...
1984 n'était pas supposé être un manuel d'instructions...