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Oui, c’est sans doute à ce moment-là que tout a commencé. Quand on s’est mis à récupérer des vieux caddies et qu’ils sont devenus un bien si précieux qu’on a mis des cadenas dessus pour éviter qu’un autre service nous les prenne.
C’est là que nous, personnels de justice, nous sommes devenus des gueux. Et que nous avons perdu.
C’est à ce moment-là que nous avons perdu notre dignité face à notre ministère. Quand il a compris que quoi qu’il fasse, et surtout qu’il ne fasse pas, nous et notre conscience professionnelle nous allions faire le job.
Que nous et notre conscience professionnelle, nous allions prendre sur nous, cumuler les heures et accepter des conditions de travail dégradées. Parce qu’en face de nous, il y a des visages et des vies.
Des vies d’enfants, des vies de victimes, des vies de souffrance, des vies fragilisées, des vies simples d’hommes et de femmes qui attendent justice.
Je défie quiconque d’avoir en face de lui ces visages et ces vies et de ne pas se démener malgré le manque de moyens.
Je défie quiconque d’avoir en face de lui ces visages et ces vies et se cantonner à respecter strictement ses horaires, à faire juste son travail et pas celui des postes vacants, à ne pas se démener pour combler le sous-effectif pour faire avancer la machine.