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« J’ai peur de cette société axée sur la compétition et la concurrence, cette société qui ose nous dire : vous devez être des gagnants ! Mais qu’est-ce qu’un gagnant sinon un fabricant de perdants ? Je n’ai pas le droit de fabriquer des perdants… » -- Albert Jacquard
À lire, ce qui intéresse les puissants ne serait pas de tirer le plus de profit du système actuel, mais d'y survivre coûte que coûte
Cela va sans dire, mais c'est clairement dit.
Les larmes aux yeux, une étudiante a confié ses doutes, « Comment savoir qu’on aide ? Soigne ? Et si je fais des bêtises ?… ».
Et surtout : comment être HUMAIN ?
Les chefs à l’hôpital, explique-t-elle, sont parfois méprisants, tyranniques, et souvent imperméables à leurs questionnements.
« Qu’est-ce qu’on peut faire, monsieur Beaulieu ? a-t-elle demandé.
– Alors d’abord, ne pas m’appeler monsieur. »Eh, toi, là, oui, toi ! L’étudiant ou l’étudiante qui me lit ! Sache qu’il y aura toujours des chefaillons, des Napoléons en croq’s, tellement malheureux et peu sûrs d’eux qu’ils n’ont d’autres moyens pour se rassurer que de ch*** sur la gueule des autres jusqu’à la noyade pour se sentir légitime et « socialement validé » (ce point est valable dans TOUS les milieux professionnels).
Imaginez maintenant, chaque fois que cela vous arrive, que ce chef tient une pancarte avec marqué en grosses lettres rouges : « JE ME COMPORTE COMME UNE RACLURE PARCE QUE J’AI VRAIMENT PAS CONFIANCE EN MOI ET TELLEMENT PEUR »
Le voilà votre super pouvoir : vous, vous savez ce qui le détermine à être un gros tas de m****, alors que lui, il n’en sait rien.
Ce qui signifie que vous en connaissez plus que lui sur la nature humaine. Souriez : vous venez de devenir soignant et soignante.
Évidemment... Tout ce que le fric touche, il le corrompt.
Alors que la première version du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux » (Diagnostic and statistical manual of mental disorders - DSM), publié en 1952, ne recensait qu’une centaine d’affections, son contenu n’a cessé d’enfler au fil des révisions, tous les vingt ans. Ses détracteurs pointent le risque de « médicaliser » à outrance des comportements finalement normaux. Selon la version antérieure, le DSM-4 (sorti en 1994), la moitié de la population des États-Unis pouvait être considérée comme souffrant de troubles mentaux, estime l’historien Christopher Lane. 38 % des Européens souffrirait de désordre mental.
Nous sommes désormais non plus malades, mais « mal ajustés ». Un mot de la psychologie moderne, utilisé plus que tout autre, estime Martin Luther King en 1963 : « Certainement, nous voulons tous éviter une vie mal ajustée , admet-il. Mais il y a certaines choses dans notre pays et dans le monde auxquelles je suis fier d’être mal ajusté (…). Je n’ai pas l’intention de m’ajuster un jour à la ségrégation et à la discrimination. Je n’ai pas l’intention de m’ajuster à la bigoterie religieuse. Je n’ai pas l’intention de m’ajuster à des conditions économiques qui prennent les produits de première nécessité du plus grand nombre pour donner des produits de luxe au petit nombre ».
Le pouvoir des mots dans l'aliénation...
Les ravages du téléphone dit "intelligent" qui nous rend tous bêtes !
Alors voilà… Lunettes rondes, casquette en cuir vissée sur le crâne et barbe blanche en dessous, Christian est bénévole au Secours Populaire, vieille asso de 70 ans.
Il coordonne l’équipe « Petit déjeuner ».
« Tous les dimanches matins, la caravane s’installe là-bas, à la rencontre des sans logis, des précaires, des réfugiés, tous ceux qui dorment dehors. Crois-moi, Baptiste, ça ne faiblit pas, bien au contraire… On a de plus en plus de travail…
— Pourquoi le dimanche ?
Sourire en coin.
— Le dimanche, jour du seigneur, les services sociaux de la ville de Toulouse sont fermés. La Place du Salin, c’est le seul endroit où on peut fournir un peu de nourriture chaude ».
Un peu plus loin stationne une deuxième caravane.
« Des amis, m’explique Christian ».
Le « Camion-Douche » propose aux plus pauvres de se laver et leur offre quelques produits d’hygiène…
« Une boulangerie industrielle nous donne ses invendus du samedi, l’hôpital Joseph Ducuing nous prépare de l’eau chaude pour le café. On part avec 22 litres d’eau bouillante… ».
Il faut imaginer la scène : la cathédrale en briques roses derrière, les boutiques cossues fermées tout autour. Des petites tables sont dressées, des hommes et des femmes en situation de grande précarité viennent prendre un petit déjeuner, mais c’est la matinée qu’ils agrippent et ne lâchent plus.
« Ils restent là jusqu’à midi. Ce sont des personnes assez isolées, alors une fois par semaine, c’est important d’être debout autour d’une table, et de ne pas y être tout seul »
Selon les intervenants, ont lieu sensibilisation à l’hygiène bucco-dentaire, cours de prévention sexuelle, dessin, lecture…
« … une fois on les a emmenés à Gruissan. C’était fou, un jeune venu de l’autre côté de la Méditerranée retrouvait la mer après plusieurs années… La dernière fois, il était un gamin terrifié, sur une barque minuscule, alors autant dire qu’il n’en n’avait pas gardé un très bon souvenir… Un de nos vieux habitués, Raymond, qui est sans domicile fixe, l’a pris par la main et, tout doucement, en le guidant, il lui a fait redécouvrir la mer… Ils ont mis un pied, puis deux, fallait pas brusquer les choses… fallait… fallait lui faire redécouvrir autrement… J’ai pris une photo de ce moment…».
Long silence. Je sens que Christian veut essayer de me dire quelque chose, alors je me tais.
« On en est déjà à six. Six habitués. Morts. Chez eux. Seuls. C’est ÇA, la vie de la rue. Comment on le sait ? Ils viennent tous les dimanches, puis un jour ils ne viennent plus, puis on les cherche, puis on les trouve. Ils ne meurent pas d’être pauvres, ça non. Personne ne meurt de la pauvreté, tu sais ? On meurt d’être seul, ça oui, et c’est tout, et c’est trop. »
Christian se tait, balaie l’espace devant lui d’un revers de main :
« Ça me révolte. Moi je les vois ces gens, je les vois vraiment ! Je ne me résignerai jamais. Parce que la solidarité n’est pas qu’un mot. Le partage doit être inévitable : on n’a pas le droit de se dérober au rendez-vous de l’Histoire. Tu sais, Baptiste, l’autre homme, mon autre à moi, il n’est pas étranger. Ça n’existe pas, d’ailleurs, l’étranger. Y a des solitudes et des détresses, ça oui, et on passe notre chemin, on devrait pas, mais on le fait. Alors qu’on est tellement proches les uns des autres. Il faut donner aux gens le goût des autres, il faut… banaliser la rencontre. »
Il enlève son béret, le tourne entre ses mains. Il donne l’impression de se mettre tout nu en se confiant. Chaque mot est comme un vêtement qu’il enlève.
« J’ai 65 ans. J’ai 65 ans, j’aime ma famille, mes enfants, mes petits-enfants, et si je pouvais leur laisser un conseil ce serait : aime tout le monde quitte à te tromper, mais essaye l’amour en premier plutôt que la méfiance. Un homme, ça se considère. »
Je n’interromps pas Christian. Il me parle de ces quelques habitants, parmi l’association de quartier. Deux trois grincheux qui se sont plaints. Précisons : ce n’est pas n’importe quel quartier, ici, mais l’un des plus huppés de Toulouse. Est-ce que les SDF dérangent ? Est-ce qu’ils sont insupportables ? Est-ce que une fois par semaine était déjà une fois de trop ? La vie doit vivre, pourtant.
— La mairie nous avait donné un double de la clé du cadenas qui condamne l’accès à la place. Ça fait 34 ans qu’on est là. Ça n’a jamais gêné personne. Et tout à coup, voilà que la police arrive hier, et nous dit « c’est fini, maintenant. Il faut partir, il faut s’en aller ».
Le fonctionnaire de police, la mairie, la préfecture, bref que sais-je, une personne dans la chaine de décision, n’a pourtant pas manqué de courage : le procès verbal pour occupation illégale de l’espace aura été adressé au Secours Populaire.
— Le camion ne viendra plus ?
— Si, même s’il doit changer de rue, il sera toujours là, tous les dimanches de l’année, nous ne lâcherons jamais nos amis !
Hop, abonné !
Petites leçons de vie en BD (en anglais).
Triste bilan...
Comme quoi une guerre peut faire des morts des décennies après sa fin !
Je pose ça ici pour mémoire des chiffres.
Plutôt que de me faire confiance, utilisons les chiffres de l’INSEE. Ils estiment le temps de travail des professeurs des écoles à 44h par semaine ; et plus de 52h les premières années.
Rapporté à 36 semaines de cours, on en vient à entre 96% et 113% d’un 35h plein temps annuel effectif. Pas les plus à plaindre du monde, mais pas franchement favorisé non plus.
Bien entendu tout ça suppose que les professeurs des écoles ne travaillent que pendant les périodes de cours, ce qui est bien évidemment faux. On est donc trèèès largement au delà du plein temps dans tous les cas.
Si vous voulez critiquez le temps de travail réel d’un corps de métier, je vous propose de cibler quelqu’un d’autre.Pour ce travail on les paye 24 000 € bruts annuels pour deux ans d’expérience, 41 000 € bruts annuels en fin de carrière.
Certes, c’est beaucoup par rapport au SMIC (17 750 € bruts) mais bien moins que la moyenne autres BAC +5 au même niveau d’expérience, et pour des conditions de travail déplorables.Les conditions ne sont déjà pas facile : allez enseigner dans une classe de 27 gamins, et faire en sorte qu’ils sachent lire et écrire en fin d’année. Les décrochages et arrêts maladie s’enchaînent dans le métier, ce n’est pas par hasard.
La plupart de ceux qui critiquent ne tiendraient pas une année. Personnellement je doute d’en être capable.
Maintenant ce qui doit être sacrément lourd nerveusement ce sont les commentaires et des lieux communs à propos de la fainéantise, des avantages ou des vacances des prof par des gens qui ne connaissent visiblement rien au métier. Ça a de quoi détruire ceux qui sont consciencieux, ou leur faire abandonner leur motivation. Est-ce vraiment votre but ?
"Ici, là ! je vois encore des petites choses qui se meuvent, qui respirent, qui grouillent dans les coins. Il faudra absolument veiller à bien tout désinfecter, désherber, à installer des pièges à rongeurs, des clôtures électrifiées et asperger d’insecticide. Ensuite on va tout défricher, tondre, labourer, gazer l’air, faire bouillir l’eau et saler la terre et puis couler par dessus une belle dalle de béton bien lisse comme ça on sera tranquille… Oui c’est très confortable le béton lisse. C’est silencieux, c’est dur, c’est froid. C’est mort."
La théorie des jeux nous a montré que les trois choses dont nous avons besoins pour l'évolution de la confiance
DES INTERACTIONS RÉPÉTÉES
La confiance permet à une relation de perdurer, mais vous besoin de savoir que d'autres interactions peuvent avoir lieu à l'avenir avant que la confiance se développe.
POSSIBILITÉ DE GAGNANT-GAGNANT
Vous devez jouer un jeu qui ne soit pas à somme nulle, un jeu où il est au moins possible que les deux joueurs puissent y trouver leur compte -- un gagnant-gagnant.
PEU D'ERREURS DE COMMUNICATION
Si le niveau d'erreurs de communication est trop élevé, la confiance s'effondre. Mais quand il n'y a que peu d'erreurs de communication, il est intéressant d'être plus indulgent.
Bienvenue dans un joli monde !
Article intéressant sur la façon de fonctionner des tout-petits, j'aimerais d'autres points de vue sur le sujet...