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Some studies say no (https://www.princeton.edu/news/2006/06/29/link-between-income-and-happiness-mainly-illusion) altogether.
Other studies put a specific number of when money no longer contributes to happiness. But even those vary greatly: $20,000 (https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2003/01/does-money-buy-happiness/308430/), $50,000 (http://maristpoll.marist.edu/wp-content/misc/Home%20instead/Money%20Matters_April%202012_FINAL.pdf), $75,000 (https://www.princeton.edu/~deaton/downloads/deaton_kahneman_high_income_improves_evaluation_August2010.pdf).
To add more confusion, you can still find other studies that report there is, in fact, no limit (https://penntoday.upenn.edu/news/money-matters-to-happiness-perhaps-more-than-previously-thought) to the amount of happiness money can bring you.
Confusing data to say the least.
Because regardless of which study you choose to believe (or want to believe), one thing is for sure:
Money might not make you happy, but as Zig Ziglar once said, “everybody wants to find out for themselves.”
And that is where the greatest distraction to our well-being lives—not in how much money we have, but in how much we desire it.
Regardless of how much money contributes to happiness (and the jury is apparently still out on that), the one thing we do know is this:
Prioritizing the pursuit of money NEVER contributes to overall happiness and life satisfaction.
In fact, those who prioritize money over the pursuit of more value-based goals end life with less satisfaction and fulfillment.
Encore un bon texte !
La version la plus assumée et la plus explicite de cette idéologie et de cette utopie technicistes, le transhumanisme, pousse la logique interne du solutionnisme à son apogée, jusqu’à sombrer dans l’hybris en considérant la mort même comme un bug à corriger.
La négation du politique et de l’humain par la technique vont de pair, sous la bannière du sacro-saint « Progrès ». Or la disjonction n’a jamais été si flagrante entre progrès technique, progrès scientifique, progrès économique, progrès social et progrès humain.
Il y devient de plus en plus difficile de dire ce qu’on pense. Pire : de dire ce qui est.
Tout tourne autour de l’identité. Mais d’une conception extrêmement pauvre et biaisée de l’identité. Schématiquement, celle-ci peut se concevoir comme l’accumulation de trois strates.
La première concentre tous les éléments innés liés à mon héritage génétique et auxquels je ne peux remédier réellement : je peux mettre des lentilles et teindre mes cheveux, mes yeux seront toujours marrons ou bleus et mes cheveux noirs ou roux, je peux faire autant d’étirements que je veux ou mettre des talonnettes, si je mesure un mètre soixante-dix, jamais je ne ferai un mètre quatre-vingt, je peux adorer les gâteaux, si je suis diabétique il vaut mieux que je fasse attention, etc.
Dans la deuxième se retrouve tous ce qui m’a été transmis, principalement dans l’enfance et de mes parents, sans que je l’aie choisi : la culture dans laquelle j’ai baigné, la religion qui m’a été inculquée, la langue maternelle avec laquelle j’ai appris à parler… Bien que je n’en sois en rien responsable (comme pour la première strate), je peux m’en détacher, plus ou moins facilement : je peux m’arracher à ma première culture pour en rejoindre une autre, je peux abandonner la religion qui a bercé mon enfance pour en rejoindre une autre ou aucune, je peux même apprendre d’autres langues au point de ne plus penser dans ma langue maternelle…
Enfin, avec la troisième strate viennent toutes les rencontres fortuites ou désirées, toutes les lectures, toutes les expériences… desquelles je choisis de retirer – ou plutôt : de garder – quelque chose. Tous ces hasards et tous ces événements qui m’enrichissent parce que j’en assimile (au sens métabolique du terme) une partie. C’est cette part-là qui, des trois, rend le plus l’identité individuelle mouvante, en perpétuelle évolution.
Il est frappant de voir que nos offensés, parce qu’ils n’admettent que ce qui est conforme à leur construction identitaire très-pauvre et très-fragile, renversent tout cela cul par-dessus tête ! Les religions, par exemple, qui appartiennent à la deuxième voire à la troisième strate, sont considérées comme à ce point enracinées, indéboulonnables, indiscutables, qu’elles ne peuvent supporter la moindre critique, la moindre remise en cause – quant à l’apostasie, elle est vécue comme une insulte à la religion ! En revanche, les caractères biologiques de l’identité, par exemple le sexe, sont présentés comme des paramètres modifiables à volonté. Les identitaires s’arrogent ainsi le pouvoir de dire ce qu’ils sont, y compris contre toute réalité biologique. Et, dans leur hybris de prétendre plier le réel à leurs caprices, ils vont jusqu’à assigner aux autres ce qu’ils projettent sur eux : dire ce que les autres sont. On retrouve ici les considérations précédentes sur le pouvoir disproportionné accordé à certains mots et les superstitions puériles associées, avec la croyance dans le pouvoir performatif de la parole – énoncer quelque chose suffit à le rendre réel : je suis ce que je dis que je suis et tu es ce que je dis que tu es – qui n’est, finalement, qu’une forme très bête de pensée magique. Quoique pré-rationnelle et anti-rationnelle, cette « pensée » (qui ne pense guère) se révèle, hélas !, d’une efficacité diabolique dans une époque qui préfère l’obscurantisme aux Lumières, les sorcières aux ingénieurs, les croyances aux faits et les sensibilités exacerbées d’enfants capricieux à la raison.
Excellent article sur l'outil à la mode : ChatGPT.
S’adresser à ChatGPT-3 c’est mettre à l’épreuve une immensité que l’on pense être suffisante pour détenir des réponses à chacune de nos questions. Entraînés que nous sommes depuis des années par l’habitus Google à considérer qu’il n’y a que des réponses. “Il n’y aura plus que des réponses“, prophétisait déjà Marguerite Duras.
Dans cette nouvelle version de Babel, une version potentiellement achevable, l’enjeu n’est pas de savoir si l’ensemble des êtres humains seront en capacité de se comprendre par-delà la barrière de la langue. Ils le sont déjà pour l’essentiel. L’enjeu est est de savoir ce que devient l’humanité quand elle pose l’ensemble de ses questions à la même entité, au même agencement collectif d’énonciation et que celui-ci lui demeure pour l’essentiel indiscernable.
Le gros problème est que ChatGPT est extrêmement doué pour simuler l’expertise. Vous devez être un expert qui connaît déjà la bonne réponse pour savoir si ChatGPT a également raison ou s’il ne fait que produire des déchets sans intérêt. Cela peut être dangereux : on voit que ChatGPT obtient bien les choses que l’on sait déjà, on commence à lui faire confiance, puis on l’utilise pour quelque chose qui sort légèrement de son champ d’expertise, et il donne une réponse d’apparence convaincante qui n’est qu’un tas de jargon aléatoire copié-collé.
La question c’est celle d’une dilution exponentielle des heuristiques de preuve. Celle d’une loi de Brandolini dans laquelle toute production sémiotique, par ses conditions de production même (ces dernières étant par ailleurs souvent dissimulées ou indiscernables), poserait la question de l’énergie nécessaire à sa réfutation ou à l’établissement de ses propres heuristiques de preuve.
Et aujourd’hui il y a Chat GPT-3. Et puis GPT-4 demain. Et Pathways. Et tous les autres modèles le langage. Et il y a ces trois questions qui restent.
“Toutes les données texte humaines auront été traitées.”
“Il n’y aura plus que des réponses.”
“Qu’arrivera-t-il si nous répondons mal à des requêtes comme amour ou ouragan ?”
La bêtise n’est jamais muette ni aveugle. Si bien que le problème n’est plus de faire que les gens s’expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n’empêchent pas les gens de s’exprimer, elles les forcent au contraire à s’exprimer. Douceur de n’avoir rien à dire, droit de n’avoir rien à dire, puisque c’est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d’être dit. Ce dont on crève actuellement, ce n’est pas du brouillage, c’est des propositions qui n’ont aucun intérêt. Or ce qu’on appelle le sens d’une proposition, c’est l’intérêt qu’elle présente. Il n’y a pas d’autre définition du sens, et ça ne fait qu’un avec la nouveauté d’une proposition. On peut écouter des gens pendant des heures : aucun intérêt… C’est pour ça que c’est tellement difficile de discuter, c’est pour ça qu’il n’y a pas lieu de discuter, jamais. On ne va pas dire à quelqu’un : « Ça n’a aucun intérêt, ce que tu dis ! » On peut lui dire : « C’est faux. » Mais ce n’est jamais faux, ce que dit quelqu’un, c’est pas que ce soit faux, c’est que c’est bête ou que ça n’a aucune importance. C’est que ça a été mille fois dit. Les notions d’importance, de nécessité, d’intérêt sont mille fois plus déterminantes que la notion de vérité. Pas du tout parce qu’elles la remplacent, mais parce qu’elles mesurent la vérité de ce que je dis. Même en mathématiques : Poincaré disait que beaucoup de théories mathématiques n’ont aucune importance, aucun intérêt. Il ne disait pas qu’elles étaient fausses, c’était pire. »
Gilles Deleuze, Pourparlers, « Les intercesseurs », « Le couple déborde », Paris, Editions de Minuit, 1990
Un sondage du Lancet sur 10000 jeunes de 16 à 25 ans de 10 pays.
Quelques extraits :
- L'humanité est condamnée
- Oui à 55,7% (48% en France)
- L'avenir est terrifiant :
- Oui à 75,5% (73,8% en France)
- Les gouvernements sont fiables :
- Non à 61,6% (66% en France)
Quelques jeunes ingénieurs face à la déliquescence du système.
Les diplômé.es de 2022 sont aujourd'hui réuni.es une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech.
Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d'être fières et méritantes d'obtenir ce diplôme à l'issue d'une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours.
Nous ne nous considérons pas comme les "Talents d'une planète soutenable".
Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des "enjeux" ou des "défis" auxquels nous devrions trouver des "solutions" en tant qu'ingénieures.
Nous ne croyons pas que nous avons besoin de "toutes les agricultures".
Nous voyons plutôt que l'agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur terre.
Nous ne voyons pas les sciences et techniques comme neutres et apolitiques.
Nous pensons que l'innovation technologique ou les start-up ne sauveront rien d'autre que le capitalisme.
Nous ne croyons ni au développement durable, ni à la croissance verte
Ni à la "transition écologique", une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu'on se débarrasse de l'ordre social dominant.
AgroParisTech forme chaque année des centaines d'élèves à travailler pour l'industrie de diverses manières:
Trafiquer en labo des plantes pour des multinationales qui asservissent toujours plus les agricultrices et les agriculteurs
Concevoir des plats préparés et des chimiothérapies pour soigner ensuite les malades causées,
Inventer des labels "bonne conscience" pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres,
Développer des énergies dites « vertes » qui permettent d'accélérer la numérisation de la société tout en polluant et en exploitant à l'autre bout du monde,
Pondre des rapports RSE [Responsabilité Sociale et Environnementale] d'autant plus longs et délirants que les crimes qu'ils masquent sont scandaleux,
Ou encore compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaitre légalement,
À nos yeux, ces jobs sont destructeurs et les choisir c'est nuire en servant les intérêts de quelques uns.
Mais quelle vie voulons-nous ?
Un patron cynique, un salaire qui permet de prendre l'avion, un emprunt sur 30 ans pour un pavillon, tout juste 5 semaines par an pour souffler dans un gîte insolite, un SUV électrique, un fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ?
Et puis.. un burn-out à quarante ans ?
Ne perdons pas notre temps!
Et surtout ne laissons pas filer cette énergie qui bout quelque part en nous !
Désertons avant d'être coincés par des obligations financières
N'attendons pas que nos mômes nous réclament des sous pour faire du shopping dans le métavers, parce que nous aurons manqué de temps pour les faire rêver à autre chose
N'attendons pas d'être incapable d'autre chose qu'une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert.
N'attendons pas le 12ème rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n'ont jamais fait qu'aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires.
De très bonnes réflexions !
Texte de 1941.
Le monsieur qui se tient près de la cheminée, avec un verre de whisky presque intact à côté de lui sur la cheminée, est M. A, un descendant d'une des grandes familles américaines. Il n'y a jamais eu de livre bleu américain sans que plusieurs personnes de son nom n'y figurent. Il est pauvre et gagne sa vie en tant qu'éditeur. Il a reçu une éducation classique, a un goût sain et cultivé pour la littérature, la peinture et la musique ; il n'a pas une once de snobisme en lui ; il est plein d'humour, de courtoisie et d'esprit. Il a été lieutenant pendant la guerre mondiale, est républicain en politique, mais a voté deux fois pour Roosevelt, la dernière fois pour Willkie. Il est modeste, pas particulièrement brillant, un ami fidèle, et un homme qui aime beaucoup la compagnie des femmes jolies et pleines d'esprit. Sa femme, qu'il adorait, est morte, et il ne se remariera jamais.
Il n'a jamais attiré l'attention par sa bravoure exceptionnelle. Mais je mettrai ma main au feu que rien sur terre ne pourra jamais faire de lui un nazi. Il détesterait beaucoup les combattre, mais ils ne pourraient jamais le convertir. . . . . Pourquoi pas ?À côté de lui se trouve M. B, un homme de sa classe, diplômé de la même école préparatoire et de la même université, riche, sportif, propriétaire d'une célèbre écurie de course, vice-président d'une banque, marié à une belle de la société. C'est un bon gars et il est extrêmement populaire. Mais si l'Amérique devenait nazie, il s'engagerait certainement, et tôt. Pourquoi ? Pourquoi l'un et pas l'autre ?
M. A. a une vie qui est établie selon une certaine forme de comportement personnel. Bien qu'il n'ait pas d'argent, sa distinction discrète et son éducation lui ont toujours assuré une position. Il n'a jamais été engagé dans une compétition acharnée. C'est un homme libre. Je doute que, dans sa vie, il ait jamais fait quelque chose qu'il ne voulait pas faire ou quelque chose qui était contre son code. Le nazisme ne correspondrait pas à ses normes et il n'a jamais eu l'habitude de faire des concessions.
M. B. s'est élevé au-delà de ses capacités réelles grâce à sa santé, à sa bonne mine et à sa capacité à se mélanger. Il s'est marié pour l'argent et il a fait beaucoup d'autres choses pour l'argent. Son code n'est pas le sien, c'est celui de sa classe - ni pire, ni meilleur, il s'adapte facilement au modèle qui a du succès. C'est sa seule mesure de valeur : le succès. Le nazisme en tant que mouvement minoritaire ne l'attirerait pas. En tant que mouvement susceptible d'atteindre le pouvoir, il le ferait.
Étant donné que les entreprises sont sociopathes par nature, il n’est pas surprenant que leurs algorithmes le soient aussi.
Une chose qu’il faut comprendre du capitalisme de surveillance, c’est qu’il s’agit du courant dominant. C’est le modèle dominant. Toutes les grandes entreprises technologiques et les startups en font partie.
C’est comme vivre dans une ferme industrielle appartenant à des loups où les partisans les plus bruyants du système sont les poulets qui ont été embauchés comme chefs de ligne.
Le consumérisme vide et le gouvernement sans âme sont les deux explications traditionnelles de notre aliénation moderne. De nos jours, il en existe une toute nouvelle : la technologie. La révolution technologique nous a promis les désirs de notre cœur : tout ce que vous voulez savoir en un clic de souris ; la possibilité de devenir célèbre auprès d'inconnus ; tout ce que vous voulez acheter, livré à votre porte en quelques jours sans que vous ayez à quitter votre domicile.
Mais notre bonheur n'a pas augmenté pour autant, bien au contraire. Des preuves de plus en plus nombreuses montrent que l'utilisation des médias et de la technologie laisse présager des résultats psychologiques et physiologiques délétères, en particulier chez les jeunes. C'est particulièrement vrai dans le cas de l'utilisation des médias sociaux. La psychologue Jean M. Twenge a montré que les médias sociaux augmentent la dépression, en particulier chez les filles et les jeunes femmes.
Encore du très bon ! Morceaux choisis :
Vous avez le droit d’exister, mais tout ce que vous serez pourra et sera retenu contre vous…
« Savoir être », ça veut dire « savoir paraître ». Ça veut dire ressembler à ce qui est attendu. Être comme il faut. Et ne pas être pas comme il faut. La norme, à nouveau.
Bourdieu (dans un recueil de 1987 intitulé « Choses Dites ») :
Qu’il suffise de dire – mais c’est beaucoup plus compliqué – que les dominants n’apparaissent comme distingués que parce que, étant en quelque sorte nés dans une position positivement distinguée, leur habitus, nature socialement constituée, est immédiatement ajusté aux exigences immanentes du jeu, et qu’ils peuvent ainsi affirmer leur différence sans avoir besoin de le vouloir, c’est-à-dire avec le naturel qui est la marque de la distinction dite « naturelle » : il leur suffit d’être ce qu’ils sont pour être ce qu’il faut être, c’est-à-dire naturellement distingués de ceux qui ne peuvent pas faire l’économie de la recherche de la distinction.
Perception is reality! Il disait ça tout le temps, le chef anglais. Perception is reality. Et il avait raison, forcément. La réalité, c’est ce qui est perçu. Ce qui n’est pas perçu ne compte pas. Ce qui compte ce n’est pas ce que tu es, c’est comment tu es perçu. Si tu es mal perçu, malheur à toi. Tu dois tout faire pour être bien perçu. Tout le reste ne compte pas.
Ce qui compte, ce n’est pas ce que je fais, ce n’est même pas ce que je suis, c’est ce qu’on me dit que je suis. Et pourtant, j’ai prise sur ce que je fais. Alors que je n’ai aucune prise sur ce que je suis. Et j’ai encore moins prise sur ce qu’on me dit que je suis. Tant pis, il n’y a que ça qui compte. Perception is reality. La perception, c’est la réalité. Je n’ai pas de prise là-dessus.
Excellent article !
Morceaux choisis, mais il y en a beaucoup beaucoup !
Au commencement, il s’agit juste de vendre.
Puis il s’agit de manipuler pour vendre. De manipuler en masse, pour vendre en masse. De contrôler des masses. C’est une histoire qui commence au XIXème siècle, peut-être même avant.
Puis on réalise qu’il faut connaître pour manipuler. Alors on entreprend de mieux connaître pour mieux manipuler et mieux prédire. C’est une bonne partie de l’histoire du XXème siècle, avec Edward Bernays en vedette américaine.
Puis on en arrive à surveiller. Les merveilleuses « nouvelles technologies de l’information et de la communication » qui émergent dans les idéalistes années 1990s en donnent la possibilité technique. Surveiller tout. Tout le temps. Surveiller tout en espérant ainsi pouvoir tout prédire. C’est l’histoire des premières années du XXIème siècle, dont l’épilogue a été écrit par Edward Snowden en 2013.
Et puis on se met à transformer. Plus que juste surveiller, on réalise qu’il est très possible et très avantageux de transformer. Plus que juste manipuler, on réalise qu’on peut rendre manipulable, qu’on a désormais des moyens pour rendre encore plus facilement manipulable. Pour rendre prédictible, complètement prédictible. Cette histoire-là commence quelque part dans la première décennie du XXIème siècle. Je pense qu’elle est encore en train de s’écrire.Niché dans un bâtiment anonyme du campus de Stanford à Palo Alto, en Californie, se trouve le « Stanford Persuasive Technology Lab », fondé en 1998. Le créateur de ce laboratoire, le Dr B.J. Fogg, est un psychologue et le père de la « technologie persuasive », une discipline au sein de laquelle des machines et des applications numériques – incluant smartphones, réseaux sociaux et jeux vidéos – sont configurés pour altérer les pensées et les comportements humains. Comme le proclame vigoureusement le site Web du laboratoire : « Des machines conçues pour changer des humains. »
La technologie persuasive (également appelée conception persuasive) consiste à créer délibérément des environnements numériques donnant l’impression aux utilisateurs qu’ils satisfont leurs besoins humains basiques — faire partie d’un groupe sociale, ou trouver des buts – mieux que ne le font des alternatives du monde réel. Des gamins passent des heures infinies sur les réseaux sociaux et les jeux vidéos à la poursuite de « likes », d’ « amis », de points et de niveaux – parce que c’est stimulant, ils croient que cela apporte bonheur et succès, et ils trouvent cela plus facile que les activités de l’enfance, difficiles mais importantes pour leur développement.
Dans un de ses travaux académiques, décrivant comment sa formule est efficace pour pousser des gens à utiliser un réseau social, le psychologue explique qu’une motivation clef est le désir des utilisateurs d’ « acceptation sociale », même s’il dit qu’une motivation encore plus puissante est le désir « d’éviter d’être socialement rejeté ».
Les réseaux sociaux et les jeux vidéos utilisent la technique de manipulation du cerveau, très fiable, de la récompense variable (pensez à une machine à sous à Las Vegas). Les utilisateurs ne savent jamais quand ils obtiendront leur prochain « j’aime » ou leur prochaine récompense dans le jeu, et elle leur arrive à un moment idéal pour susciter une stimulation maximale et les garder sur le site. Une énorme puissance de calcul est mise en œuvre pour les AI « apprennent » quels éléments de conception persuasive sont les plus efficaces pour garder les utilisateurs captifs.
Studies into the mental health impact of previous disease outbreaks, such as the SARS epidemic in the early 2000s, showed a clear increase in suicide rates and the number of health care workers who experience emotional distress.
But the impact of the COVID-19 epidemic is unprecedented, with billions of people forced to isolate at home and no end in sight even after social distancing measures are eased.
Des études sur l'impact sur la santé mentale de précédentes épidémies, comme celle du SRAS au début des années 2000, ont montré une nette augmentation des taux de suicide et du nombre de travailleurs de la santé qui éprouvent une détresse émotionnelle.
Mais l'impact de l'épidémie de COVID-19 est sans précédent, avec des milliards de personnes contraintes de s'isoler chez elles et sans perspective de fin, même après l'assouplissement des mesures de distanciation sociale.
Encore un excellent article sur ce site qui en fourmille !
Aujourd’hui encore malgré un diagnostic et un traitement au long cours qui m’a permis de reprendre — avec succès — mes études, elle refuse encore d’admettre s’être trompé et continue de m’affirmer que j’aurais pu, si je m’étais forcé. Pouvez-vous imaginer la violence d’avoir un mur en face de soi ? Une personne qui refuse de comprendre, qui refuse, même, d’essayer ? Qui refuse d’écouter ?
Peut-être ces personnes vivent très mal le confinement. Peut-être ont-elles besoin de s’occuper frénétiquement pour ne pas sombrer dans la dépression. Peut-être que, oui, repeindre sa chambre n’est pas la chose la plus urgente à faire en temps de crise. Mais sommes-nous vraiment bien placés pour juger de la légitimité d’une activité ? Et si repeindre sa chambre n’était qu’un prétexte ? Un prétexte pour ne pas devenir fou ? C’est ça ou autre chose. Peut-être, même, est-ce ça ou mourir ?
Un excellent article sur la société de services pour la croissance infinie !
Affligeant
Oui, c’est sans doute à ce moment-là que tout a commencé. Quand on s’est mis à récupérer des vieux caddies et qu’ils sont devenus un bien si précieux qu’on a mis des cadenas dessus pour éviter qu’un autre service nous les prenne.
C’est là que nous, personnels de justice, nous sommes devenus des gueux. Et que nous avons perdu.
C’est à ce moment-là que nous avons perdu notre dignité face à notre ministère. Quand il a compris que quoi qu’il fasse, et surtout qu’il ne fasse pas, nous et notre conscience professionnelle nous allions faire le job.
Que nous et notre conscience professionnelle, nous allions prendre sur nous, cumuler les heures et accepter des conditions de travail dégradées. Parce qu’en face de nous, il y a des visages et des vies.
Des vies d’enfants, des vies de victimes, des vies de souffrance, des vies fragilisées, des vies simples d’hommes et de femmes qui attendent justice.
Je défie quiconque d’avoir en face de lui ces visages et ces vies et de ne pas se démener malgré le manque de moyens.
Je défie quiconque d’avoir en face de lui ces visages et ces vies et se cantonner à respecter strictement ses horaires, à faire juste son travail et pas celui des postes vacants, à ne pas se démener pour combler le sous-effectif pour faire avancer la machine.
Les moteurs d’échecs d’aujourd’hui, inconscients de façon innée de ces principes, apparaissent comme des brutes : extrêmement rapides et forts, mais sans aucune perspicacité.
Le plus troublant, c’est qu’AlphaZero semblait être perspicace [...] AlphaZero avait la finesse d’un virtuose et la puissance d’une machine. Il s’agissait du premier regard posé par l’humanité sur un nouveau type prodigieux d’intelligence.
La question est maintenant de savoir si l’apprentissage automatique peut aider les humains à découvrir des vérités similaires sur les choses qui nous tiennent vraiment à cœur : les grands problèmes non résolus de la science et de la médecine, comme le cancer et la conscience ; les énigmes du système immunitaire, les mystères du génome.
Supposons qu’il existe des régularités ou des modèles plus profonds à découvrir – dans la façon dont les gènes sont régulés ou dont le cancer progresse ; dans l’orchestration du système immunitaire ; dans la danse des particules subatomiques. Et supposons que ces schémas puissent être prédits, mais seulement par une intelligence bien supérieure à la nôtre. Si AlphaInfinity pouvait les identifier et les comprendre, cela nous semblerait être un oracle.
Nous nous assiérions à ses pieds et écouterions attentivement. Nous ne comprendrions pas pourquoi l’oracle a toujours raison, mais nous pourrions vérifier ses calculs et ses prédictions par rapport aux expériences et aux observations, et confirmer ses révélations. La science, cette entreprise de l’homme qui le caractérise par-dessus tout, aurait réduit notre rôle à celui de spectateurs, bouches bées dans l’émerveillement et la confusion.
Peut-être qu’un jour, notre manque de perspicacité ne nous dérangerait plus. Après tout, AlphaInfinity pourrait guérir toutes nos maladies, résoudre tous nos problèmes scientifiques et faire arriver tous nos autres trains intellectuels à l’heure avec succès. Nous nous sommes assez bien débrouillés sans trop de perspicacité pendant les quelque 300.000 premières années de notre existence en tant qu’Homo sapiens. Et nous ne manquerons pas de mémoire : nous nous souviendrons avec fierté de l’âge d’or de la perspicacité humaine, cet intermède glorieux, long de quelques milliers d’années, entre un passé où nous ne pouvions rien appréhender et un avenir où nous ne pourrons rien comprendre.
Partout la différence entre le fonctionnaire du bas de l'échelle et le fonctionnaire du milieu de l'échelle, c'est que le fonctionnaire du bas tente de faire quelque chose pour les gens alors que le fonctionnaire du milieu tente de produire des chiffres pour plaire au ministre.
C'est pour ça que le fonctionnaire du milieu deviendra fonctionnaire du haut alors que le fonctionnaire du bas restera fonctionnaire du bas, s'il n'est pas privatisé.
Tant la différence entre l'exécutant idiot et le manager intelligent est que l'exécutant tente de faire quelque chose tandis que le manager tente de donner à son supérieur de quoi briller auprès de son propre supérieur, ce qui est fort différent.
Source : https://twitter.com/petaramesh/status/1060502460769411074
Pour une de leurs expériences, les chercheurs ont utilisé des volontaires qui travaillaient dans une université, en déterminant leur classe sociale par leur niveau d’études. Dans un test de perception émotionnelle, les volontaires ont regardé des photos de visages et ont dû dire quelles émotions ces visages traduisaient. Les gens les plus éduqués ont eu de moins bons résultats que les gens les moins éduqués. Lors d’une autre, les étudiants de classe supérieure (déterminée par les propres perceptions de chaque étudiant sur le statut socio-économique de sa famille) avaient plus de mal à lire correctement les émotions d’un inconnu pendant un entretien d’embauche en groupe.
Pourquoi cette différence ? Les chercheurs pensent que les personnes riches peuvent résoudre leurs problèmes grâce à leur argent, elles ne dépendent donc pas autant de l’entraide fournie par les autres. »
D’autres études montre que la richesse s’accompagne d’une plus grande probabilité d’enfreindre le code de la route, de tricher, de commettre des vols à l’étalage ou d’être moins généreux envers ceux qui demandent la charité. Certains expliquent cela par le sentiment de liberté que procure l’argent et qui fait croire qu’on peut se passer des autres, oubliant qu’il y a des choses pour notre équilibre affectif qui s’achètent difficilement. Le fait que l’opulence amène également un sentiment de supériorité essentialiste, c’est-à-dire l’impression d’être naturellement supérieur, ne doit pas aider non plus, côté empathie… »
« La pathologie de la riche famille blanche est la plus dangereuse des pathologies des États-Unis. La riche famille blanche est maudite par trop d’argent et de privilèges. Elle est dénuée d’empathie, conséquence de vies entières de prérogatives. Son sens de la loyauté est restreint et elle ne possède pas d’aptitude au sacrifice personnel. Sa définition de l’amitié se réduit à ‘que pouvez-vous faire pour moi ?’ Elle est possédée par un désir insatiable d’accroître sa fortune et son pouvoir. Elle pense que la richesse et les privilèges lui confèrent une intelligence et une vertu supérieures. Elle baigne dans l’hédonisme et le narcissisme effrénés. Et à cause de tout cela, elle interprète la réalité à travers un prisme d’auto-adulation et d’avarice qui relève de la démence. La famille blanche et riche est une menace. »